Le bus 404, Beijing 2001

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Si l’on doit décrire le bus Pékinois à un étranger, alors il faut parler du bus 404 ! A l’époque jeune étudiant fauché, je cherchais le meilleur moyen pour rallier la station de métro de Dong Zhi Men. Devant la fac, il n’y avait que la rue à traverser, une rue aussi large que deux routes nationales, mais une petite rue pour un chinois.

Arrivé à l’arrêt, on peut voir toutes les plaques des différents bus qui s’arrêtent à cette station, le bus 701 pour aller se saouler à San Li Tun, le 721 pour aller à Nong Zhan Guan, le 110 que je prenais aussi pour aller draguer les filles de l’université Normale de Pékin. Il y a aussi le bus 28 et 108 une sorte de mini bus, plus cher à 2 yuans car sans doute plus rapide, le bus ralentissait à peine à la station, et l’assistant du chauffeur énumérait les différentes stations desservies, il suffisait juste de lever la main pour monter en route. Mon niveau de Mandarin étant loin d’être parfait à l’époque, trop dangereux de le prendre, de peur de me retrouver à l’autre bout de pékin, au marché de Pang Jia Yuan ou bien à la tour CCTV.

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Alors fainéant que je suis, je suis allé voir quelques chinois accroupis qui attendaient leur bus, (attendre le bus Accroupis en fumant une cigarette Zhong Nan Hai et en crachant sur le trottoir est un Must en Chine) pour leur demander le bus le plus direct pour rejoindre cette fameuse ligne 1 du métro, synonyme de moyen de transport moderne à mes yeux.Il faut que tu prennes le bus 404 me disent ils, il va bientôt arriver tu n’as qu’a attendre avec nous. Ainsi me voici donc accroupi avec mes nouveaux camarades, à attendre sur le bord du trottoir, à faire la compétition du plus gros mollard.Cinq bonnes minutes passent, je vois défiler différents bus, dont même un avec la télévision à l’intérieur, pour Pékin je ne m’attendais pas à çà. Et soudain le bruit d’un vieux moteur diesel, qui arrivent au loin, et je vois un bus beige avec la peinture sale, écaillée avec pleins de traces de rouille, le bus tout droit sorti des années 80 avec écrit en rouge les chiffres 4.0.4.Le bus arrive à la station, et là je me rends compte que ce n’est pas un bus, mais un bus accordéon qui s’arrête. Il y a tellement de gens à l’intérieur qu’il lui faut même presque 2 bons mètres pour qu’il s’arrête et  qu’il doit redémarrer son moteur à chaque arrêt !bv000005.thumb-3902e

Taxi ou pas Taxi ? ce bus est bien trop hasardeux, et puis après tout essayons. A peine monté, la contrôleuse me demande ma destination. Dong Zhi Men , c’est 1 Kuai avance dans le fond pour laisser la place. L’accueil est assez froid, elle a du me prendre pour quelqu’un du Tibet ou bien XinJiang comme j’en ai l’habitude en Chine.

Le bus en lui-même à l’intérieur est tout en ferraille, on s’assoit sur des sièges en fer froid lorsque que l’on est chanceux car il doit y avoir en tout peut être 10 à 12 sièges pour tout le bus. En général il faut faire la course avec les chinois, et jouer des coudes pour avoir les premières places assises, c’est un jeu pour eux et ils ne vous en voudront jamais.

Il y a un vieux haut parleur qui crache le même slogan toutes les 30 secondes, sans doute pour dire qu’il est interdit de cracher dans le bus, c’est pourquoi les chinois crachent à la fenêtre et canardent les piétons ( le haut-parleur répète en fait soit le nom des futures stations ou bien les recommandations de sécurité à la montée ou la descente du bus ). A chaque station, surtout le soir, la contrôleuse demande s’il y a quelqu’un qui descend à cette station, et si personne à la station ne fait signe au bus de s’arrêter, alors le bus continue, c’est assez drôle, au début j’ai du marcher une ou deux stations de bus pour revenir à l’université.

Mon petit parcours suivait son train-train quotidien jusqu’à une soirée d’hiver Pékinois, où nous allâmes avec des amis assister à une pièce d’opéra Chinois. A la sortie de la représentation, il s’est mis a neiger fortement et toutes les routes étaient gelées. Il était tellement dangereux de conduire que les taxis refusaient de prendre des clients et rentraient chez eux. Mes amis étaient paniqués car ils ne connaissaient que le Taxi, par chance l’endroit était proche du parcours de mon valeureux bus 404.

Le bus 402, son cousin

Ainsi j’ai pu mener l’expédition du retour à travers la neige, sur le chemin, j’ai croisé ce bon vieux 404 totalement immobilisé, à bout de souffle et totalement abandonné. J’avais l’impression qu’il me disait, je t’ai montré la route, maintenant c’est à toi d’y aller. Après 10 kms à marcher dans la neige tout le monde est rentré sain et sauf, mais ce jour là j’ai appris qu’il ne fallait jamais se fier à l’apparence des choses et qu’elles peuvent vous apprendre bien plus que
vous pensez.

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